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Balog Zoltán interjúja a Le Monde francia napilapban

2012. nov. 15. Interjúk | Hozzászólások
Balog Zoltán interjúja a Le Monde francia napilapban
 

“La Hongrie est le seul pays où il existe un Parlement rom”

Zoltan Balog, 54 ans, est un pasteur protestant de l’Eglise calviniste qui travaille depuis longtemps avec les Roms de Hongrie. Il a grandi à Ozd, une ville industrielle de l’est du pays, où les Roms ont toujours été nombreux. Député de la Fidesz (droite), il est proche du premier ministre, Viktor Orban, revenu au pouvoir en 2010. Zoltan Balog est alors devenu le “M. Roms” du gouvernement. Ministre des ressources humaines, son portefeuille comprend la santé, l’éducation, la culture et les questions sociales. Lors d’une visite en France, début novembre, il a accordé un entretien au Monde sur la situation des Roms en Hongrie, dont le nombre est évalué à 750 000 personnes, soit près de 8 % de la population. Les Roms constituent la plus importante minorité du pays.

Le parti d’extrême droite (Jobbik) organise régulièrement des manifestations visant les Roms. Les adversaires du gouvernement l’accusent de ne pas condamner assez fermement ces rassemblements. Comment réagissez-vous à ces critiques ?
Les autorités hongroises ont toujours condamné de la façon la plus claire toutes les formes de racisme envers qui que ce soit. Le gouvernement de centre droit de Viktor Orban a été le premier à adopter deux mesures importantes pour lutter contre les discriminations à l’égard des minorités, qu’elles soient Roms ou autres : l’inscription dans la Constitution d’un article condamnant l’incitation à la haine, ce qui ouvre la voie à des poursuites judiciaires contre les auteurs de tels actes, et la mise hors-la-loi de la Garde nationale, un mouvement paramilitaire d’extrême droite. C’est la première fois depuis la fin du communisme, en 1990, que de telles mesures sont prises. Leur adoption est un signal très clair : les autorités hongroises ont une tolérance zéro envers le racisme et l’antisémitisme.

Il faut également rappeler qu’il n’y a pas eu d’agressions violentes contre les Roms au cours des trois dernières années en Hongrie. Les derniers incidents remontent à 2009, lorsque six Roms ont été tués pendant l’année. A l’époque, nous étions dans l’opposition et je m’étais engagé, si nous revenions au pouvoir, à reconstruire les logements des familles victimes de ces atrocités. C’est chose faite.

Depuis le retour au pouvoir de Viktor Orban, en 2010, il y a eu des manifestations de l’extrême droite visant les Roms mais, grâce à l’action de la police, elles n’ont pas dégénéré. Toutefois, il faut aussi prendre en compte la terreur psychologique causée par ce genre de manifestations. C’est pourquoi notre gouvernement a aussi adopté une loi qui sanctionne les actes visant à propager la peur au sein d’une communauté.

En quoi la stratégie de Viktor Orban envers les Roms est-elle différente de celle des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis l’avènement de la démocratie en 1990 ?

Pour la première fois depuis la fin du communisme, notre gouvernement cherche à mettre en place une stratégie globale pour les Roms qui prenne en compte tous les aspects liés à cette communauté. Car il ne s’agit pas seulement d’une question de droits de l’homme mais aussi d’un problème social beaucoup plus large. Plus de la moitié des Roms de Hongrie vit dans une pauvreté extrême.

Face à une situation aussi grave, il faut des mesures exceptionnelles. Même si le gouvernement de centre droit auquel j’appartiens est, par instinct, réservé envers le système de quotas, nous avons néanmoins été les premiers à adopter des mesures de discriminations positives pour les Roms, dans la sphère politique et économique. C’est un changement radical.

Politiquement, cela veut dire que dès les prochaines élections législatives, en 2014, il y aura des sièges de députés réservés aux treize minorités reconnues dans le pays, dont la plus importante est celle des Roms. Economiquement, notre gouvernement a modifié les règles pour les contrats publics : ils ne sont dorénavant attribués qu’à des entreprises qui s’engagent à recruter 20 % de leurs effectifs parmi les personnes vivant dans la pauvreté qui sont, dans la plupart des cas, des Roms.

Nous appliquons aussi ces règles pour les emplois publics. Là encore, c’est une innovation : 40 % des 200 000 emplois publics créés depuis 2010 ont été attribués à des Roms. Par ailleurs, le financement par l’Etat de projets dans les collectivités locales dépend maintenant du pourcentage d’emplois réservés aux Roms.

Qu’en est-il de la représentation politique des Roms en Hongrie ?

A ma connaissance, la Hongrie est le seul pays au monde où il y a un Parlement rom. Il existe depuis 1994. C’est le premier gouvernement démocratique de l’après-communisme, celui du chrétien-démocrate, Jozsef Antall, qui a fait adopter cette loi novatrice sur la représentation des minorités nationales.

Ce texte permet aux minorités d’avoir des élus dans les collectivités locales et une instance nationale qui les représente. Dans le cas des Roms, il s’agit du conseil national rom, communément appelé le “Parlement rom”. Ses élus participent à l’élaboration de toutes les lois concernant les Roms. Le gouvernement de M. Orban est même allé plus loin. D’après l’accord, conclu en 2011, entre le gouvernement hongrois et le Parlement rom, ce dernier dispose désormais d’un droit de veto sur les programmes visant la communauté rom.

A mon sens, la Hongrie bénéficie d’un cadre légal et institutionnel irréprochable vis-à-vis des Roms. Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant : la marginalisation sociale des Roms remonte à loin et elle est profonde. Inverser cette tendance est un travail de longue haleine.

Propos recueillis par Yves-Michel Riols

Forrás: Le Monde

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